Trois véhicules sur six de votre flotte vont exploser le forfait. Vous venez de faire le calcul. La facture potentielle vous empêche de dormir. Cette situation, je la rencontre chaque mois chez les gestionnaires de flotte que j’accompagne. La bonne nouvelle ? Vous avez encore des options. Mais il faut agir maintenant.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou financier personnalisé. Les conditions contractuelles varient selon les loueurs. Consultez votre contrat LLD et votre conseiller pour votre situation spécifique.
L’essentiel en 30 secondes :
- Tarif km excédentaire : entre 0,05€ et 0,25€/km selon votre contrat
- Renégociation possible : oui, idéalement plusieurs mois avant fin forfait
- VE vs thermique : impact différent sur batterie et valeur résiduelle
- Anticipation : suivre son compteur mensuellement pour réagir à temps
Les frais de dépassement kilométrique : ce que dit vraiment votre contrat
Soyons clairs : le montant exact dépend uniquement de ce qui est écrit noir sur blanc dans votre contrat. Selon les conditions contractuelles LLD définies par Service-Public, le non-respect des limites kilométriques entraîne la facturation de loyers supplémentaires selon un mode de calcul fixé à la signature.
Dans les dossiers que je traite, la fourchette tourne généralement entre 0,05€ et 0,25€ par kilomètre excédentaire. Ce n’est pas anodin. Sur un dépassement de 10 000 km, vous pouvez vous retrouver avec une facture de 500€ à 2 500€. J’ai vu des clients tomber de leur chaise à la restitution.

2 000€
Facture pour 10 000 km de dépassement à 0,20€/km
L’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Sous-estimer son kilométrage réel de 15 à 25% par rapport au forfait souscrit. Les commerciaux itinérants, les techniciens terrain, les livreurs : tous les mêmes profils à risque. Sur mes clients PME, ça se traduit par une surfacturation moyenne de 800 à 2 500€ par véhicule en fin de contrat. Ce constat reste limité à mon périmètre d’accompagnement et peut varier selon le type d’activité.
Ce que beaucoup ignorent : pour comprendre exactement comment ces clauses fonctionnent, il est essentiel de bien maîtriser les conditions de location longue durée dès la signature. Mais si vous êtes déjà engagé, passons aux solutions.
Renégocier son forfait en cours de contrat : c’est possible (et souvent rentable)
Je ne vais pas vous mentir : la plupart des gens pensent qu’ils sont coincés. Faux. Selon les pratiques constatées chez les loueurs, une renégociation en amont est bien plus avantageuse qu’une régularisation à la fin du contrat. Les bailleurs sont en moyenne plutôt favorables à ces demandes de modification.
Concrètement, vous pouvez demander un avenant pour augmenter votre forfait kilométrique annuel. Le loyer mensuel augmentera, certes. Mais faites le calcul : payer 45€ de plus par mois pendant 18 mois, c’est 810€. Payer 5 000 km excédentaires à 0,20€/km, c’est 1 000€. La différence parle d’elle-même.
Pour trouver un accompagnement adapté à votre situation de LLD voiture électrique, plusieurs plateformes proposent désormais un suivi personnalisé du kilométrage et des alertes automatiques.

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Alerte dépassement probable détectée sur vos relevés -
Demande formelle de renégociation envoyée au loueur -
Étude du dossier et contre-proposition du loueur -
Signature de l’avenant modificatif
Je pense à ce dossier traité l’an dernier. Une entreprise de services à domicile, 8 véhicules électriques, contrat 36 mois avec forfait 15 000 km/an. À mi-contrat, les compteurs affichaient déjà 60% du forfait total. Le loueur refusait initialement toute discussion avant les 24 mois. Finalement, renégociation obtenue à 18 mois : forfait augmenté à 20 000 km/an, surcoût de 45€ par véhicule et par mois. Économie estimée : 1 200€ par véhicule par rapport aux pénalités de fin de contrat.
Conseil terrain : Ne jamais attendre la dernière année pour renégocier. Les loueurs sont beaucoup plus souples à mi-contrat qu’à 6 mois de la restitution. Passé ce délai, vous perdez tout levier de négociation.
Électrique vs thermique : le kilométrage a-t-il le même impact ?
Voilà un point que je dois éclaircir systématiquement avec mes clients. Non, le kilométrage n’a pas exactement les mêmes conséquences sur un véhicule électrique et sur un thermique. Les mécanismes de décote diffèrent.
Sur un thermique, le kilométrage use le moteur, la boîte de vitesses, l’embrayage. Chaque kilomètre compte. Sur un électrique, le moteur s’use très peu. C’est la batterie qui concentre les enjeux. Selon le rapport ADEME 2022 sur le véhicule électrique, une voiture électrique roulant en France a un impact carbone 2 à 3 fois inférieur à celui d’un modèle similaire thermique.
Spécificité véhicule électrique : La garantie batterie de certains constructeurs inclut des conditions de kilométrage qu’il convient de vérifier. Dépasser 150 000 ou 200 000 km peut affecter la couverture. Mais paradoxalement, selon l’ADEME, plus vous roulez en électrique, plus c’est avantageux sur le plan environnemental et économique.
Franchement, sur les flottes électriques que j’accompagne, le vrai enjeu du kilométrage reste la valeur résiduelle calculée par le loueur. Un VE qui roule beaucoup conserve mieux sa valeur mécanique qu’un thermique équivalent. Mais le loueur intègre quand même le kilométrage dans son calcul de décote. Résultat : les pénalités existent aussi en électrique, même si la logique d’usure est différente.
Mon avis tranché sur ce point : ne comptez pas sur la spécificité électrique pour négocier une réduction des pénalités. Les loueurs appliquent généralement les mêmes grilles tarifaires, quelle que soit la motorisation. Concentrez-vous plutôt sur l’anticipation.
Comment éviter la mauvaise surprise à la prochaine restitution
L’histoire se répète. Chaque année, je vois des gestionnaires de flotte découvrir le problème trois mois avant la restitution. Trop tard. La facture est déjà écrite. Voici comment sortir de ce schéma.
Attention : Les kilomètres non utilisés ne sont généralement pas remboursés. Si vous roulez moins que prévu, vous payez quand même. Le contrat LLD n’est jamais gagnant-gagnant sur ce point. Autant viser juste dès le départ.
Ce que mes clients ne savent pas avant qu’il soit trop tard : le meilleur moment pour agir, c’est quand vous atteignez 60% de votre forfait à mi-contrat. À ce stade, vous avez encore le temps de renégocier. À 80%, vous êtes dans le rouge. À 100% avant terme, vous subissez.
Suivi kilométrique : les 5 réflexes à adopter
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Relever le compteur le 1er de chaque mois pour chaque véhicule
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Calculer le rythme moyen mensuel et le comparer au forfait théorique
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Créer une alerte interne dès 60% du forfait atteint
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Contacter le loueur dès 70% si la tendance confirme le dépassement
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Archiver tous les échanges écrits avec le loueur (emails, courriers)
Pour votre prochain contrat, calibrez le forfait sur votre kilométrage réel des 12 derniers mois, pas sur une estimation optimiste. Ajoutez 10% de marge. C’est toujours moins cher que de payer les pénalités.
Si vous envisagez de renouveler votre contrat avec un véhicule mieux adapté à vos besoins, explorez les solutions disponibles via une offre de location voiture hybride ou électrique avec un forfait correctement dimensionné.
La prochaine étape pour vous : Sortez votre contrat LLD. Regardez le forfait kilométrique annuel prévu. Comparez avec vos compteurs actuels. Si l’écart dépasse 10%, vous savez ce qu’il vous reste à faire.
Limites et précautions
- Les tarifs kilométriques mentionnés sont des moyennes constatées et varient selon les loueurs et les véhicules
- Les possibilités de renégociation dépendent de votre contrat spécifique et de la politique commerciale du loueur
- Chaque situation contractuelle nécessite une analyse du contrat signé
En cas de litige, contactez votre conseiller LLD ou un médiateur de la consommation.
